Événement historique chez les Atikamekws

Cérémonie d’assermentation du Grand.

 

Opitciwan – Grande journée

historique pour les trois communautés atikamekws qui ont assermenté leur premier Grand Chef atikamekw, Ernest Awashish. La cérémonie d’assermentation a eu lieu dans la

communauté du gagnant, soit

à Opitciwan, le 4 décembre dernier.

La nation atikamekw n’avait plus eu de Grand Chef

(qui fut Ka waisekeck, Jean-Baptiste Boucher) depuis 1887, aux dires de celui qui porte aujourd’hui la coiffe de Grand Chef, Ernest Awashish. Pour les Atikamekws, ceci témoigne du progrès politique de la nation atikamekw dans son parcours vers l’autonomie gouvernementale et de l’attachement des Atikamekws à leur nation, à leurs traditions, à leur culture et à leur histoire.

Élection

Les trois communautés de la

nation atikamekw, soit Manawan, Wemotaci et Opiticiwan ont été invitées, en septembre dernier, à voter pour élire leur Grand Chef.

 

Six membres de la nation ont présenté leur candidature pour

le poste, soit Ernest Awashish d’Opitciwan; Lucie Basile et

Jean-Paul Neashish de Wemotaci; Christian Flamand, Pierre-Paul Niquay et Albert Dubé tous trois de Manawan. Le premier tour de scrutin n’a pas permis d’élire le premier Grand Chef de l’histoire, car le candidat devait avoir 50 % plus 1 des votes des électeurs. Toutefois, les deux candidats ayant reçu le plus de votes, soit M. Awashish et M. Flamand, ont été retenus pour le deuxième scrutin. M. Awashish

a remporté le titre avec 63.35 %

des votes.

 

Mandat

Le rôle de Grand Chef est pratiquement le même que celui de président du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), a expliqué

M. Awashish, qui a présidé au CNA pendant 4 années. «Mon rôle actuel est de représenter, de protéger et de servir les intérêts et les droits des membres de la nation atikamekw», a-t-il fait savoir.

 

Le mandat de Grand Chef s’étend sur une période de 4 ans. Durant son mandat, M. Awashish veut relever des défis importants, dont celui de faire reconnaître le statut de Grand Chef au sein de l’Assemblée des Premières Nations (APN) et de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). «Lors de l’Assemblée annuelle de l’APN de juillet 2002, nous avons déposé un projet de résolution à l’APN qui demandait la reconnaissance de ce statut. Elle ne l’a pas considéré, par contre elle l’a intégré dans une

résolution qui visait à réviser les statuts, les règlements et les pouvoirs. Actuellement, le statut de Grand Chef, comme celui de Ted Moses ou Jimmy Hunter, n’est pas reconnu au sein de l’APN. Ce qui fait que nous n’avons ni le droit

de vote, ni le droit d’intervention, ni de présenter des résolutions,

ni de proposer ou d’appuyer une résolution à l’APN et l’APNQL»,

a-t-il précisé.

 

«J’ai été mandaté pour déposer les deux résolutions à ces deux organisations et de faire en sorte de changer leur charte pour qu’elles puissent reconnaître ce statut. Nous avons donc déposé cette résolution, la semaine dernière, soit les 26, 27 et 28 novembre 2002 à l’Assemblée annuelle de l’APNQL. Cette fois notre résolution a été reçue favorablement par les chefs présents. Nous avons eu l’appuis notamment des chefs innus et algonquins, qui ont mandaté le chef régional Ghislain Picard pour la révision de la Charte de l’APNQL, concernant aussi les statuts et règlements», a-t-il ajouté.

 

Contrat social

Le Grand Chef a aussi assuré que durant son mandat, l’une des priorité sera de redonner un nouveau contrat social. «Nous avons subi une transformation majeure, un changement drastique sur notre façon de faire traditionnellement. On ne s’est jamais vraiment arrêté pour voir quels ont été les impacts sociaux, politiques, culturels et économiques de ces changements. On veut faire un exercice de

réflexion majeure et par cela, on proposera un plan d’action. Cela

s’étendra sur une longue période, mais il faut se donner des défis pour voir les changements», a-t-il exposé.